Ressource bocagère et rendement de la haie

 

L'Ouest de la France, une zone bocagère

La ressource agricole et forestière en bois est très importante sur le territoire du Grand Ouest de la France, et elle est en grande partie accessible aux agriculteurs eux-mêmes puisqu'ils sont les gestionnaires de leurs haies, bosquets et de la forêt paysanne.

Or, l'exploitation traditionnelle de la ressource en bois agricole a été délaissée depuis quelques décennies au profit des activités croissantes de l'exploitation agricole ; le coup de grâce a été asséné dans certaines régions avec les périodes de remembrement accélérant la disparition des haies et des talus : l'agriculteur " moyen " du début du XXI ème siècle a perdu l'habitude de l'entretien de sa ressource en bois et n'y voit pas un intérêt direct. En effet, il a d'une part le souvenir de la pénibilité importante de la corvée de bois que faisaient ses parents et d'autre part, il n'a plus de temps à y consacrer.

Au delà des intérêts économique et agronomique que présentent la réhabilitation des haies et l' autoconsommation de bois sur l'exploitation, la mobilisation du bois d'origine agricole permet de contribuer à l' entretien des espaces ruraux. Par ailleurs, elle peut contribuer à la création ou a la pérennisation d'emplois locaux : en effet, l'acquisition d'une déchiqueteuse en cuma nécessite souvent l'intervention d'un salarié pour assurer la maintenance et le déplacement de la machine. De même, l'installation d'une chaudière automatique permet de faire travailler les artisans locaux.

Elle peut enfin contribuer au développement de nouvelles ressources financières pour le monde agricole : à travers la mise au point de nouvelles technologies de chauffage au bois pour le particulier, les agriculteurs seraient de nouveau les premiers utilisateurs de cette ressource, mais il est également tout a fait envisageable de voir des groupes d'agriculteurs s'organiser pour livrer totalement ou en partie du bois énergie pour les collectivités. A travers la filière bois-énergie, il serait donc possible d'envisager de nouvelles collaborations entre la ville et la campagne, point essentiel pour assurer le développement et la pérennisation de cette filière émergente.

Des ressources importantes en bois d'émondage

La productivité en bois d'une haie pour le déchiquetage est extrêmement variable : elle dépend des essences présentes dans la haie, de l'entretien qui a été réalisé jusqu'alors et de l'état général de la haie. Ce dernier peut s'évaluer en fonction du nombre de strates présentes et de la continuité de la haie.
En général, les haies sont discontinues. Ceci réduit de 15 à 20 % leur potentiel de production. Certains bois trop gros tels que les arbres de haut jet ou les vieux taillis ne seront pas déchiquetés car leur diamètre sera supérieur à la capacité des déchiqueteuse à alimentation manuelle. Certaines tiges de taillis ou certains arbres seront laissés sur pied pour une opération de balivage ou la conservation de têtard.
Les productivités mesurées sur des chantiers de déchiquetage dans des département de l'Ouest de la France varient entre 10 et 40 m3 de bois vert pour 100 ml de haie, avec un passage en moyenne tous les 10 ans. Si l'on déchiquette la totalité du bois inférieur à 25 cm de diamètre, 40 à 60 tonnes de bois vert seront en moyenne produites par kilomètre de haie, tous les 10 ans.

Les bocages du Grand Ouest (Bretagne, Pays de Loire, Basse Normandie) représentent certainement plus de 400 000 km de haies (estimation d'après Ter-Uti, IFN).
Avec une récolte minimale de 4 tonnes/km de haie/an, la ressource en bois serait donc au moins de 1 600 000 tonnes par an soit l'équivalent de près de 400 millions de litres de fioul !
Ceci représente 51% de la consommation énergétique du secteur agricole, toutes activités confondues, de ces trois régions. Ceci représente également l'équivalent du chauffage annuel au fioul de près de 200 000 maisons d'habitation.

PROGRAMMES EUROPEENS

RECHERCHE