L’arbre à la ferme, une opportunité pour le groupe climat du GAB56

Le climat évolue et impacte les pratiques des agriculteurs en recherche d'autonomie, notamment fourragère et protéique pour les éleveurs en production animale : dates de récoltes, organisation du travail, gestion des stocks, etc... En effet, un décalage des périodes de croissance de l'herbe a été constaté, celui-ci étant accentué par un ralentissement durant l’été, suivi par une repousse automnale très incertaine. D'autre part, une hétérogénéité significative des rendements est observée sur certaines productions fourragères (luzerne, maïs) en raison d’une pluviométrie variable et d’un risque d'accentuation du phénomène d’assèchement des sols.La Bretagne n’échappant pas à ce processus, le réseau des Agriculteurs Biologiques de Bretagne, avec le soutien financier de l'Ademe et du Groupe Rocher, a débuté en 2018 un programme de recherche-action intitulé "Adaptation des fermes aux aléas climatiques : comment devenir plus résilient ?" Au terme de cette première année d'étude et à travers des temps d'échanges collectifs, un cycle d'expérimentations et de formations a été proposé par les agriculteurs impliqués dans le groupe climat pour mettre en avant les pratiques permettant de limiter les effets des aléas et du changement climatique sur leurs systèmes de production. Parmi celles adaptées en production animale de ruminants, la plantation de nouveau arbres et la gestion des arbres existants apparaissent évidentes, cependant dans cette dynamique, la rémunération du bois pose plus que jamais question. En effet, durant ces dernières décennies les filières de valorisation ont peu à peu été délaissées et doivent s'organiser à nouveau pour offrir des débouchés locaux aux agriculteurs.L'exemple de la plateforme forestière de production de plaquettes bois énergie d'Hugo Bogrand, ayant par ailleurs une activité maraîchère estivale, a été choisi par le GAB56 pour mettre en évidence la complémentarité et la diversité du métier d'agriculteur à travers le bois.

Une journée de formation, ouverte aux agriculteurs pratiquant une agriculture conventionnelle, a ainsi été organisée Jeudi 12 Mars à Ploërdut (56) et animée par AILE.Ce temps d'échange a permis d'aborder tout d'abord les formes d'auto-consommation sur l'exploitation agricole puis les possibilités du marché actuel et des possibles applications en devenir du bois issu de l'arbre à la ferme. Intéressant sous l'angle énergétique (chauffage, séchage), les produits issus de l'arbre offrent également une multitude d'usages complémentaires pour l'agronomie, la biodiversité, la production de fourrage, de bois d’œuvre, etc ... L'organisation de nouvelles chaines de productions permettant d'éviter le brûlage à l'air libre des rémanents issus de la taille des haies, ou encore l'émergence de nouveaux services comme les scieries mobiles ont permis d'envisager de nouvelles opportunités à court terme. L'émergence de la marque Végétal local et du Label haie pour une gestion durable et rémunératrice pour le producteur ont également retenu l'attention des agriculteurs.Au-delà de l'aspect mercantile, les bénéfices indirects pour le système d'exploitation qu'offrent une haie bien entretenue et gérée durablement, ont été démontrés et partagés avec les participants. Un système agro-forestier va limiter l'assèchement, réguler, restituer l'eau et même prévenir de l'érosion, et ainsi préserver le capital sol. En termes zootechniques, la haie va permettre une optimisation de la ration par une meilleure valorisation de l'azote ingéré couplée à des effets sur les maladies, les parasites gastro-intestinaux et les émissions de méthane et peuvent ainsi laisser envisager des performances d'élevage, de santé et de bien-être animal pour une meilleure résilience face au changement climatique.

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