Les opérateurs déchiquetage du réseau cuma Ouest se forment sur la qualité du bois

La filière bois énergie a émergé en France suite à l’installation des premières chaufferies bois dans les années 2000. L’apprentissage du vivant, le bois en l’occurrence pour substituer des énergies fossiles stockées dans les couches géologiques du sol pendant des millions d'années, raffinées, standardisées et très facilement inflammables comme le fioul domestique ou encore le gaz propane nécessite du temps et s’appréhende sur le long terme (notions de développement durable et de changement de comportement).

L’activité de déchiquetage du bois est un maillon à part entière de cette filière bois encore aujourd’hui en phase de maturation et de professionnalisation des acteurs qui la compose et tentent de la pérenniser.La Norme Européenne NF EN ISO 17-225 détermine les classes de qualité des biocombustibles solides de matières premières/transformées provenant de la sylviculture, l'arboriculture et l'agriculture notamment. Ce cadre aide les utilisateurs de chaudières automatiques à bois déchiqueté à définir leurs besoins qualitatifs, notamment le profil granulométrique qui identifie la taille des particules et leur proportion. Cette norme parue en 2014 est venue en substitution des deux précédentes alors en vigueur : Önorm (autrichienne car les premières chaudières automatiques au bois ont été produites par des constructeurs autrichiens) et EN 14-961-4. Sur le terrain on constate encore beaucoup de confusion entre les trois références citées précédemment.

Les opérateurs de déchiquetage sont évidemment concernés par ce phénomène, en lien avec d’un côté les producteurs de bois (agriculteurs, forestiers, gestionnaires routiers, paysagistes, etc…) et de l’autre les fournisseurs de bois (SCIC, opérateurs privés) où chaque partie qualifie le produit avec sa propre interprétation de la Norme qu’il s’est appropriée au contact des uns et des autres de manière informelle. Des difficultés de langages et de communication sont très fréquemment constatées entre les trois parties, mettant parfois en péril des contrats d’approvisionnement où la granulométrie du bois est souvent remise en cause (parfois sans fondements scientifiques et objectifs) et pouvant être préjudiciable pour toute la filière de production et donc le développement de futures chaufferies bois.

La formation organisée par la Fédération des cuma de Normandie et animée par AILE a eu lieu le mercredi 8 Janvier à destination de huit chauffeurs de cuma, deux animateurs bois énergie, quatre agriculteurs dont un administrateur de AILE, elle s'est déroulée en deux temps :

A Cormolain (14) en salle le matin,
Les participants ont pu s'approprier la Norme Européenne NF EN ISO 17-225 et prendre conscience que leur pratique pouvait influencer la qualité du combustible, mais qu'ils n'étaient pas seuls responsables. En effet, la qualité du bois varie également en fonction du mode de production (avant déchiquetage) et de la logistique mise en place par le fournisseur de bois (après déchiquetage). Ils sont désormais disposés à fournir l'ensemble des recommandations au producteur de bois, souvent des agriculteurs en système polyculture élevage soucieux de valoriser leur bocage pour mieux le pérenniser, avant leur intervention pour pouvoir assurer un déchiquetage dans de bonnes conditions (casses machine, débit de chantier, consommation de carburant).

Les participants ont également été sensibilisés aux enjeux des gestionnaires de chaufferie sur l'intérêt de disposer d'un combustible adapté (couverture bois, rendement, encrassement et émissions des chaudières) et ainsi pérenniser leur activité avec les fournisseurs locaux avec qui ils collaborent, souvent impliqués dans des circuits courts de proximité. Parmi les quatre marques de déchiqueteuses représentées, la présence d'un concessionnaire de déchiqueteuses à permis de zoomer sur les préconisations de réglage et de certaines évolutions techniques proposées actuellement.

A Planquery (14) sur le terrain l'après-midi,
Après une séquence de déchiquetage réalisée par un des chauffeurs de la cuma Ecovaloris (50), et sachant que chaque attelage tracteur-déchiqueteuse est spécifique, le groupe a échangé sur l'intérêt que chacun prenne le temps de réaliser ses propres essais comparatifs, en prenant le soin d’impliquer :

  • L’agriculteur référent à l’activité déchiquetage
  • Un chauffeur expérimenté du réseau Cuma
  • L’animateur bois énergie de la fédération de proximité
  • Le concessionnaire tracteur et le concessionnaire déchiqueteuse
  • Le fournisseur local qui peut faire réaliser des analyses granulométriques au laboratoire (Aile ou autre organisme neutre)

AILE, dans le cadre du programme AgroBioHeat tiendra un stand au salon Bois Energie à Nantes et exposera des échantillons d'agrocombustibles d'origines différentes : bois de bocage, anas de lin, miscanthus, granulés de pailles et d'ouverture de milieu. Ce sera également l'occasion d'échanger, notamment avec les agriculteurs soucieux de valoriser leur bocage, sur les bonnes pratiques gestion de la ressource, de préparation des chantiers de déchiquetage, ainsi que sur les évolutions des chaudières automatiques

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